Travaux en copropriété : quelle majorité ?

Loi du 10 juillet 1965 · assemblée générale

Vos travaux passent-ils en assemblée ?

Tout se joue sur une question : les travaux touchent-ils aux parties communes ou à l'aspect extérieur ? La réponse détermine la majorité applicable, et la majorité détermine si le projet a une chance d'aboutir.

01 — Le projet

Quels travaux ?

02 — Précisions

Détails du projet

Sélectionnez d'abord des travaux.

03 — Le vote

Testez vos chances en assemblée

Les tantièmes sont ramenés à une base de 1 000. La majorité de l'article 24 se calcule sur les seules voix exprimées, celles des articles 25 et 26 sur la totalité des copropriétaires, présents ou non.

600 / 1000
1001 000
400 / 1000
01 000

Les quatre majorités

Une erreur de majorité rend la décision annulable pendant deux mois après la notification du procès-verbal. C'est la première cause de contentieux en copropriété.

Art. 24

Majorité simple

Des voix exprimées par les présents, représentés et votants par correspondance. Les abstentions ne comptent pas.

  • Entretien et conservation de l'immeuble
  • Travaux rendus obligatoires par la loi ou un arrêté
  • Adoption du plan pluriannuel de travaux
  • Accessibilité n'affectant pas la structure
Art. 25

Majorité absolue

Plus de la moitié des voix de tous les copropriétaires, absents compris.

  • Travaux d'un copropriétaire affectant les parties communes
  • Travaux d'économie d'énergie
  • Installation ou modification d'un équipement commun
  • Pose de compteurs individuels
Art. 25-1

La passerelle

Le rattrapage le plus utile de la loi de 1965, souvent ignoré des ordres du jour.

  • Si le vote atteint au moins le tiers des voix
  • Un second vote a lieu immédiatement
  • À la majorité simple de l'article 24
  • Sinon, nouvelle AG sous trois mois
Art. 26

Double majorité

La majorité des copropriétaires représentant au moins les deux tiers des voix. Les deux conditions sont cumulatives.

  • Travaux d'amélioration ou d'addition
  • Vente d'une partie commune
  • Modification du règlement sur l'usage des communes
  • Cession du droit de surélever

Le chemin jusqu'au premier coup de marteau

  • J − 3 à 6 mois

    Constituer le dossier

    Devis détaillés, plans, avis technique, et pour des travaux privatifs, une note expliquant l'impact sur les parties communes. Un dossier incomplet est reporté d'un an.

  • Avant la convocation

    Demander l'inscription à l'ordre du jour

    Par lettre recommandée au syndic, avec les pièces. Une question non inscrite ne peut pas être votée : elle sera discutée sans effet juridique.

  • J − 21 jours

    Convocation de l'assemblée

    Le délai minimal est de vingt et un jours avant la tenue. Les documents relatifs aux travaux doivent être joints.

  • Jour J

    Vote en assemblée

    Vérifiez que la majorité annoncée sur l'ordre du jour est la bonne, et demandez l'application de la passerelle si le vote échoue de peu.

  • J + 1 mois

    Notification du procès-verbal

    Le syndic notifie aux opposants et aux défaillants. C'est cette notification qui fait courir le délai de recours, pas la tenue de l'assemblée.

  • J + 3 mois

    Décision définitive

    Deux mois après la notification, la décision n'est plus contestable. Engager les travaux avant cette date reste possible, mais à vos risques.

Information générale sur la copropriété des immeubles bâtis. Le règlement de copropriété peut qualifier de communes ou de privatives des parties que la loi laisse à son appréciation, et contenir des clauses propres à l'immeuble : c'est le premier document à lire avant tout projet. Les majorités indiquées sont celles du droit commun ; certaines opérations relèvent de régimes particuliers, notamment en cas de division en volumes, de copropriété en difficulté ou d'immeuble protégé au titre des monuments historiques.